Peu importe la raison pour laquelle on désire agrandir un espace, il importe de considérer tous les aspects de la réglementation spécifiques au bâtiment en question. Outre les critères de zonage et autres critères fonctionnels et architecturaux, plusieurs exigences de la réglementation de construction peuvent influencer la faisabilité d’un agrandissement de bâtiment existant.

Il importe d’abord de savoir quelle est la réglementation applicable au bâtiment existant et, plus particulièrement, de savoir si c’est un bâtiment assujetti à la partie 3 ou à la partie 9 du Code national du bâtiment modifié Québec, selon la version applicable. Rappelons que les bâtiments régis par la partie 9 sont de petits bâtiments ayant :

  • une hauteur d’au plus 3 étages;
  • une aire de bâtiment d’au plus 600 m2; et
  • les usages principaux suivants:
    • du groupe C (habitations);
    • du groupe D (établissements d’affaires);
    • du groupe E (établissement commercial);
    • du groupe F division 2 ou 3 (établissement industriel à risques moyens ou à risques faibles).

Les autres bâtiments que ceux mentionnés ci-dessus sont assujettis non seulement à la partie 3, mais également aux parties suivantes du Code national du bâtiment modifié Québec :

  • partie 4, relativement aux règles de calcul au niveau de la structure;
  • partie 5, relativement aux exigences de séparation des milieux différents notamment pour l’enveloppe du bâtiment; et
  • partie 6, relativement aux exigences de chauffage, ventilation et conditionnement d’air.

Si un bâtiment assujetti à la partie 9 devient assujetti à la partie 3 lors de l’agrandissement, par exemple, il se pourrait que l’agrandissement doive être un bâtiment distinct afin que ses composantes existantes soient maintenues.

Agrandissement horizontal

Un agrandissement horizontal peut se faire de différentes façons, soit en faisant en sorte que l’agrandissement et le bâtiment existant soient considérés comme un seul et même bâtiment, ou que l’agrandissement soit un bâtiment distinct du bâtiment existant.

La partie 10 permet certains allègements permettant que l’agrandissement et le bâtiment existant soient considérés comme un seul et même bâtiment. Par exemple, si la sous-section 3.2.2 demande l’installation de gicleurs, il serait possible de n’installer des gicleurs que dans l’agrandissement à certaines conditions, notamment la présence d’une séparation coupe-feu ayant un degré de résistance au feu équivalent à ce qui est demandé pour les planchers. Toutefois, il importe de considérer d’autres facteurs qui pourraient influencer le concept architectural, entre autres :

  • la distance de parcours pour rejoindre une issue, qui est plus restrictive si l’aire de plancher n’est pas entièrement protégée par gicleurs;
  • la charge d’occupants combinée de la partie existante et de l’agrandissement, si elle dépasse 1000 personnes et que le système d’alarme est à deux étapes, ce qui amènerait une situation où l’installation d’un système de communication phonique serait requise;
  • la protection des façades, particulièrement dans le cas où des façades sont exposées l’une à l’autre, et qu’il n’y a pas de gicleurs.

Dans le cas où l’agrandissement est un bâtiment distinct du bâtiment existant, cet agrandissement pourrait se faire :

  • en séparant les deux entités par un mur coupe-feu conforme à la sous-section 3.1.10, et à la partie 4; ou
  • en instaurant une passerelle ou passage piétonnier entre les deux bâtiments reliés, passage qui est isolé de chacun des bâtiments par une séparation coupe-feu conformément à l’article 3.2.3.19 ou 3.2.3.20.

Toutefois, il importe également de considérer d’autres facteurs qui pourraient influencer le concept architectural, entre autres :

  • l’agrandissement formant un bâtiment distinct doit avoir sa propre entrée principale, et une voie d’accès pour le service d’incendie à moins de 15 m de cette entrée principale;
  • la protection des façades, particulièrement dans le cas où des façades de la partie existante sont exposées aux façades de l’agrandissement.

Agrandissement vertical

Un agrandissement vertical en hauteur par l’augmentation du nombre d’étages pourrait aussi entraîner des conséquences importantes. En voici quelques exemples :

  • un rehaussement du niveau de protection sismique du bâtiment;
  • l’installation de gicleurs à l’étage en dessous de l’étage ajouté, si les transformations doivent être protégées par gicleurs;
  • l’application des exigences pour bâtiments de grande hauteur (dans certains cas précis, énoncés dans la sous-section 3.2.6).

Moyens d’évacuation

Finalement, il est important d’analyser les moyens d’évacuation existants et les conséquences qu’apportera l’agrandissement. La mise en œuvre de moyens d’évacuation temporaires pourrait être nécessaire selon la configuration des moyens d’évacuation, et particulièrement quand la partie existante est occupée durant les travaux d’agrandissement.

Conclusion

Nous suggérons d’analyser les implications que pourrait amener tout agrandissement d’un bâtiment. En effet, une analyse préalable des conditions existantes du bâtiment est souvent nécessaire afin de bien cerner les contraintes préalables qui orienteront le concept d’agrandissement et son implantation.

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Par Ginette Lafontaine, architecte, équipe Codes et normes – Sécurité-incendie

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